Ancien collaborateur de l’AIE et chercheur auprès de l’ifri, Cédric Philibert publie aux éditions « Les petits matins » en collaboration avec l’institut Veblen pour les réformes économiques « Éoliennes, pourquoi tant de haine ? ». Cet ouvrage d’un peu moins de 200 pages est paru au début 2023. Son titre fait penser à un règlement de compte, mais, en fait, c’est plutôt une démonstration en faveur d’une politique climatique équilibrée pour la France et pour l’ensemble du monde. D’emblée, l’auteur cherche à élargir le champ d’analyse en montrant que les éoliennes ne sont qu’une pièce d’un grand puzzle dont les pièces doivent s’emboîter pour réussir la transition énergétique. Les énergies renouvelables sont en train de dépasser le charbon dans la production d’électricité. Comme l’a décidé la conférence de Paris, il ne faut pas seulement freiner les émissions de CO2 mais transformer le système productif en remplaçant les combustibles fossiles par l’électricité. Certes, la production électrique des renouvelables connaît des phases de repli selon les saisons, mais ce phénomène ne peut pas être compensé par l’énergie atomique, qui est une énergie « en ruban » qui est peu réactive. Cette énergie « complémentaire » n’est nécessaire que dans 10% du temps et pour une quantité totale de seulement 3%...
Mes notes de lecture
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Le livre de Fabien Bouglé intitulé « Éoliennes : la face noire de la transition écologique » avec le sous-titre : « Tout ce que l’on vous cache sur la pollution éolienne » a été publié une première fois en 2019 par les Editions du Rocher. Ici je me réfère à l’édition mise à jour et augmentée datée de 2024. Le titre est clair : vous trouverez dans ce petit livre de poche de 300 pages imprimés en petits caractères tous les défauts possibles et imaginables de l’énergie éolienne. D’emblée, l’auteur parle de monstres d’acier et de fibre de carbone imposés de manière totalement antidémocratique pour répondre à une logique de profit et qui correspondent à une véritable escroquerie intellectuelle. D’abord, la fabrication des éoliennes nécessite une très grande quantité de terres rares pour produire l’électricité avec un impact très négatif pour l’environnement. De leur côté, les pales allient le balsa sud-américain avec des fibres de carbone et des résines chimiques, ce qui empêche de les recycler. L’implantation des mats ne peut se faire que par la construction d’une base massive en béton, tout aussi difficile à faire disparaître. Le bilan énergétique des éoliennes est nettement moins positif que ce que présentent leurs promoteurs. Il faut...
Cet ouvrage édité par les Presses polytechniques et universitaires romandes est intitulé « L’énergie en Suisse, de 1800 à nos jours ». Il fait partie de la collection SAVOIR SUISSE dans laquelle est paru l’ouvrage de Martine Rebetez, « La Suisse se réchauffe » que j’ai commenté fin 2022. Les auteurs en sont deux historiens universitaires, Cédric Humair et Nicolas Chachereau, le premier ayant déjà beaucoup publié sur ce thème. Ce livre au format réduit de 168 pages paru fin 2024 fournit un condensé de notre histoire énergétique et compile de très nombreuses sources. Je vais essayer d’en faire ressortir les éléments saillants. Un des problèmes qui se posent est que la consommation d’énergie primaire n’est connue précisément qu’à partir du début du 20ème siècle et que l’analyse des périodes précédentes repose sur des estimations. Les auteurs cherchent en permanence à comparer cette évolution à la consommation mondiale, ce qui permet de fournir la « Big Picture ». On peut identifier quelques particularités de la Suisse : La croissance de la consommation d’énergie (x47) depuis 1850 à nos jours a été plus de deux fois supérieure à celle enregistrée au niveau mondial ; Pendant cette période, la population suisse est passée de 1,7 à 8,7 millions d’habitants (en...
Francis Waldvogel, né en 1938, est un scientifique susse reconnu. Directeur du département de médecine de l’Université de Genève, il a notamment été vice-président du Conseil suisse de la science et a présidé pendant huit ans le Conseil des Écoles polytechniques fédérales. Il vient de publier chez Odile Jacob un ouvrage de plus de 200 pages intitulé « Nature, tu peux encore nous sauver ». Je dois dire que je me suis précipité sur cet ouvrage au titre si prometteur. Hélas, je n’y ai pas découvert comment la nature pourrait nous sauver, mais plutôt pourquoi F. Waldvogel est resté optimiste face aux problèmes qui nous menacent. Bien qu’il ne développe pas son constat du défi climatique, Waldvogel est conscient des dangers qui guettent notre monde. Alors que la nature a mis un temps infiniment long à accumuler des ressources, l’humanité les a consumées en quelques décennies. La science nous a fait progresser, mais si nous avons réussi à créer de nouvelles sources d’énergie, nous n’avons pas encore réussi à la stocker efficacement. Waldvoguel commente également de manière détaillée les dangers provenant des pandémies ou de l’accumulation des plastiques au niveau planétaire. Un des principaux messages de l’auteur est que la nature ne...
L’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz vient de publier au Seuil un ouvrage intitulé « SANS TRANSITION » avec le sous-titre ‘ Une nouvelle histoire de l’énergie’. Cet ouvrage mérite le détour, car il propose effectivement une réécriture de l’analyse du rôle de l’énergie au cours des derniers siècles. Fressoz ne fait pas partie des climato-sceptiques, mais par contre remet complétement en question les théories de la ‘transition énergétique’ qui expliquent que les différentes formes d’énergie se sont progressivement substituées les unes aux autres, le charbon étant, par exemple, appelé à être remplacé par le pétrole puis par les énergies renouvelables, notamment électriques. Pour lui, cette transition est ‘introuvable’ car toutes les formes d’énergies ont augmenté simultanément. Il relève, par exemple, dès le début de l’ouvrage : Chaque année environ deux milliards de m3 de bois sont abattus afin d’être directement consumés, soit trois fois plus qu’un siècle plus tôt. Le bois fournit deux fois plus d’énergie que la fission nucléaire, deux fois plus que l’hydroélectricité, deux fois plus que le solaire et l’éolien réunis (en 2019) (pp. 15-16). Les différentes énergies sont étroitement liées entre elles en une ‘expansion symbiotique’ : « ..on ne comprend pas grand-chose à l’histoire du charbon sans étudier celle du...
L’éditeur ACTES SUD vient de publier la traduction en français de l’ouvrage « Earth for All » paru en anglais en 2022. Le sous-titre français est « Nouveau rapport au Club de Rome ». Sur la couverture figure comme première autrice Sandrine Dixson-Declève, une des deux co-présidentes du Club de Rome. Cinq autres auteurs figurent sur la couverture tandis qu’à l’intérieur de l’ouvrage de très nombreux autres contributeurs sont signalés. Wikipedia précise : « Le club de Rome est un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de cinquante-deux pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement. » Ce club, créé en 1968 pour faire suite à des discussions nées à l’OCDE, s’est fait remarquer par la publication en 1972 du fameux « rapport Meadows » intitulé « Les limites de la croissance », qui comme son titre l’indique remet en cause les ‘bienfaits’ de la croissance. La démonstration se base sur les résultats d’un modèle de l’économie mondiale construit par des scientifiques du MIT (Massachusetts Institute of Technology). La publication d’aujourd’hui est une sorte de ‘mise à jour’ du modèle du MIT lancée dans le cadre du projet ‘Earth4All’ qui fait l’objet...
Stéphane Sarrade est un ingénieur polytech et Dr. en sciences qui est directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Il a déjà publié plusieurs ouvrages prônant une « chimie verte ». Son dernier ouvrage « Homo Energeticus » qui vient de paraître chez humenSciences est présenté par son éditeur avec le slogan « Non à la décroissance, Oui à la déconsommation » et est complété par le sous-titre « pour une transition bas carbone ». Cet ouvrage est le produit d’un scientifique qui défend le potentiel de la technique tout en souhaitant garder une certaine distance et une vue d’ensemble. Il commence en retraçant le rôle central de l’énergie dans le développement de l’humanité et fournit en cela un résumé assez honnête de toutes les analyses historiques que j’ai pu lire jusqu’ici. Pour le reste, Sarrade ne se mouille pas trop ; il relève notamment les analyses de Jean-Marc Jancovici ou de Bill Gates, dont il partage les principales conclusions. Une des contributions de l’auteur est l’analyse critique du monde numérique "En bref, le numérique actuel est-il compatible avec les contraintes inhérentes à un monde fini ? la réponse est non !" (p. 145). Il note par exemple que le numérique représente aujourd’hui 10 à 15 % de la...
L’ouvrage publié en français chez Favre est semble-t-il en rupture de stock temporaire. Heureusement, l’éditeur a eu la bonne idée de proposer une version numérique au format epub. Sinon, vous pouvez vous rabattre sur la version allemande éditée par Zytglogge Roger Nordmann, le conseiller national vaudois président du groupe socialiste des Chambres fédérales depuis 2015 vient de publier un ouvrage marquant intitulé « Urgence énergie et climat » avec le sous-titre « Investir pour une transition rapide et juste ». Ce livre de près de 300 pages est très fouillé et didactique. C’est plus le produit d’un très grand expert des questions du climat qu’un pamphlet politique à la veille des élections fédérales. Sa lecture est plus que conseillée aux personnes qui se sentent concernées par le plus grand défi auquel notre société doit faire face. La thèse principale de Nordmann est que les mécanismes du marché ne suffisent pas et que, surtout, une augmentation substantielle des prix de l’énergie se heurte à un refus populaire. L’alternative est l’action de l’État à travers l’initiative pour un fonds climat qui permettra de faire les investissements nécessaires pour garantir la production de la quantité d’électricité nécessaire à remplacer le mazout et les centrales nucléaires. Ce...
Christian Lévêque Le double visage de la biodiversité. La Nature n’est pas un jardin d’Eden. Chercheur retraité et auteur prolifique, Christian Lévêque est notamment président honoraire de l’académie d’agriculture de France. Le sous-titre de cet ouvrage publié en 2023 par « l’Artilleur » tire à boulets rouge contre une certaine idée de la nature défendue par les écologistes. Lévêque défend avant tout une agriculture productiviste en affirmant que la priorité est de produire assez de nourriture pour une population en forte croissance. « Les urbains largement majoritaires et qui ont oublié que pour se nourrir il faut d’abord produire, s’acharnent à dénoncer l’usage des phytosanitaires ou des OGM » (p.91). Pour l’auteur, la nature est d’abord hostile. Pour lui les conséquences négatives du réchauffement climatique sur la biodiversité sont loin d’être vérifiées. L’histoire de l’humanité est marquée par la lutte incessant de l’homme pour faire face aux défis des catastrophes naturelles. Le développement a permis de mieux y faire face mais « il faudrait que les écologistes disent clairement s’ils sont favorables ou pas à ce que les pays en développement puissent ambitionner d’acquérir notre niveau de vie et donc d’être moins vulnérables aux risques naturels » (p. 75). Christian Lévêque, qui a vécu et...
Paléontologue et biologiste marin, Bruno David a été chercheur au CNRS avant de devenir Président du Museum national d’Histoire naturelle. Très bon communiquant, Bruno David tient une chronique quotidienne sur France Culture sur le « Monde vivant ». Il a publié au début 2021 chez Grasset un ouvrage de 250 p. intitulé « A l’aube de la 6ème extinction » Disons-le d’emblée, cet ouvrage est très intéressant et mérite la lecture, et ce bien plus que les ouvrages plus ou moins sérieux qui l’ont précédé sur cette sixième extinction ! Il vaut donc la peine que je lui consacre ici une analyse plus détaillée. Ce livre se distingue clairement des ouvrages de journalistes (voir par exemple mon compte-rendu de l’ouvrage de Marie-Monique Robin) ou de scientifiques auxquels je me suis intéressé jusqu’ici : il ne contient aucune référence bibliographique ! Il nous fournit un très grand nombre de faits et de théories mais il faut faire confiance à l’auteur. Je serais enclin à lui accorder une telle confiance dans la mesure où il reste nuancé et mesuré dans ses conclusions, comme je vais essayer de le montrer. Ce qui m’a le plus frappé dans l’approche de Bruno David, c’est qu’il reconnait d’emblée que les spécialistes de...
Au début 2021 les éditions La Découverte ont publié un ouvrage de Marie-Monique Robin intitulé “La fabrique des pandémies”, avec le sous-titre “Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire” Marie-Monique Robin est une journaliste d'investigation, réalisatrice et écrivaine française lauréate du prix Albert-Londres de l'audiovisuel en 1995. Elle est connue pour ses documentaires cinématographiques critiques doublés de la publication de livres sur les mêmes thèmes. Les plus connus sont ceux consacrés au fameux glyphosate : “Le Monde selon Monsanto” (2008) et “Le Roundup face à ses juges” (2017). Ce livre de 343 pages est en quelque sorte le résultat du confinement intervenu suite à la pandémie du Coronavirus. Marie-Monique Robin a consacré une bonne partie de l’année 2020 à interviewer sur Internet depuis chez elle une soixantaine de savants spécialistes des maladies infectieuses et de l’environnement. L’hypothèse à vérifier était que l’homme était lui-même à l’origine de cette pandémie par sa destruction de la biodiversité. Comme moi vous ne serez pas étonnés que les différentes interviews réalisées confirment l’hypothèse de départ posée par la journaliste engagée. Je ne peux et veux pas revenir sur les très nombreuses analyses exposées dans cet ouvrage partisan ; il me paraît plus intéressant...











